jeudi 25 août 2016

amusment park - page 5

Hello tout le monde!


Je reviens après de l'absence! Je cherchais du travail (parce qu'il faut bien manger quand même) et j'en ai trouvé! Maintenant je reprends mon roman. (j'en suis actuellement à la page 42 ouéééé)



Vincent fit rentrer doucement les clefs dans la serrure, la porte s’ouvrit en grinçant légèrement, comme désapprobatrice. Il posa son casque à l’entrée, en silence puis enleva son manteau et constata que sa manche était déchirée en plusieurs endroits. L’appartement était petit et sombre, c’était le milieu de la nuit et au dehors la folie de la journée avait laissé la place au silence de la nuit.
Il enleva ses chaussures doucement et se releva pour s’appuyer contre le mur, respirant lentement.
« Tu rentres tard, encore »
La lumière se fit dans le couloir, Rebecca était à l’entrée de la chambre.
« L’infirmière ne t’a pas mise au lit ? Fit Vincent en enlevant le reste de ses vêtements.
-Non, je t’attendais. »
Vincent détourna le visage, cachant une moue. 
La jeune femme était à peine plus âgée que Vincent. Elle était déjà en pyjama. Elle était fine et jolie. Son visage était d’un bel ovale, fin et très pâle. Ses grands yeux verts étaient légèrement tombants, ce qui lui conférait un aspect triste mais ses cernes sombres intensifiaient la sensibilité désabusée qui se dégageait de son profond regard. De longs cheveux ondulés, d’un châtain foncé descendait agréablement sur ses épaules, elle en avait fait une queue pour les ranger sur son épaule.
Elle semblait extrêmement lasse, et ses tristes yeux verts étaient voilés par la fatigue et l’attente, longue qu’elle s’était astreinte à tenir.
-Je vais te mettre au lit alors, fit Vincent en se dirigeant vers elle.
Elle fit tourner les roues de sa chaise roulante et se recula dans la chambre.
-Je peux le faire toute seule tu sais. Tu as faim ?
-mmm, fit Vincent, pour signifier son accord.
-Alors mange d’abord. Je t’ai laissé tout ce qu’il faut dans la cuisine »
Vincent se fit sérieux. Il se tint droit et silencieux. Ils se jaugèrent sans rien dire pendant un moment, et le jeune homme semblait vouloir parler d’un instant à l’autre. Rebecca haussa les sourcils, refreinant une vague expression de panique puis détourna le visage d’un coup, comme sourde à l’appel.
-Je t’ai mis du café dans le thermos. Je crois qu’il est encore chaud, mais tu n’es pas obligé de le boire, il est tard après tout ».
Vincent soupira et sembla reprendre ses esprits. Sa mâchoire se referma encore plus fort, faisant danser une petite veine sur le côté. Il hocha la tête et se dirigea vers la cuisine.
Il ouvrit le frigo et sortit un plat de pâtes qui restaient pour le mettre au micro-onde puis ouvrit le thermos et versa du café dans un verre.
Rebecca roula vers la cuisine et se tint à la porte, observant Vincent bouger. Ils ne parlaient pas, et il n’y avait que le ronronnement du moteur du micro-onde pour soutenir la conversation. Rebecca jeta un œil au manteau de Vincent quelques instants avant de perdre son regard sur le jeune homme dans la cuisine.
« Tu as eu un accident ?
-Ce n’est rien, je suis un peu tombé.
Il ouvrit une armoire et resta figé dessus sans rien dire quelques instants.
-Tu veux du café ?
-Non merci, répondit Rebecca d’une voix morne.
Il referma l’armoire et s’appuya contre le mur de la cuisine, en face de la jeune femme et se mit à siroter lentement la boisson.
Le micro-onde se mit à sonner pour signifier qu’il avait fini de cuire les pâtes et Vincent posa sa tasse sur la table pour récupérer le plat. Il resta debout et se mit à manger lentement quelques pates avant de reposer sa fourchette.
-ça ne te plait pas ? Tu veux que je te fasse quelque chose d’autre à manger ?
-Non, c’est parfait. Je n’ai pas très faim juste.
Rebecca agrandit ses yeux tristes en une expression inquiète.
-Qu’est-ce que je peux faire pour te faire plaisir Vincent ?
Le jeune homme la regarda droit dans les yeux puis finit par les poser sur sa tasse de café. La belle couleur semblait scintiller sous le néon de la cuisine. Il ne répondit pas, et Rebecca n’insista pas. Il prit la tasse et finit de siroter son café.
Rebecca resta dans la cuisine avec lui, jusqu’à ce qu’il finisse son café, puis il se dirigea vers elle et tous deux se dirigèrent jusqu’à la chambre.
La jeune femme tendit les bras vers Vincent, afin qu’il la transporte sur le lit et plie la chaise, mais le jeune homme hésita. Il regarda les bras menus de la jeune femme avec sérieux et fronça les sourcils. Rebecca garda les bras pendant un moment en l’air, tendus vers le jeune homme, le visage éperdu d’espoir, mais ne put tenir plus longtemps. Elle les baissa et à la force de ses avants-bras se hissa sur le lit.
Vincent se précipita vers elle avant qu’elle ne le repousse.
-Non, ce n’est pas grave, fit-elle d’un sourire triste, je t’assure. Elle souleva un coin de couverture et s’attrapa les jambes afin de les ranger l’une bien à côté de l’autre. Vincent observa le manège, le regard sombre. Il prit la chaise et la plia pour la ranger sur le mur.
-Dors avec moi.
Vincent ne répondit pas tout de suite, il serra la main contre le cuir du dossier plié avant de prendre son souffle et de répondre.
-Non, il ne vaut mieux pas. Tu sais que je bouge, je n’ai pas envie de t’embêter.
Les yeux de Rebecca se firent plus tristes encore, d’un vert du fond de la mer, un vert désenchanté.
-S’il-te-plait, juste cette nuit…
Le jeune homme secoua la tête.
-Vraiment, je ne veux pas t’empêcher de dormir. »
Il se pencha sur la jeune femme et déposa un furtif baiser sur son front avant de fermer la lumière et de s’enfuir de la chambre, laissant la jeune femme les yeux grands ouverts dans la nuit.

La jeune femme rangea les papiers dans le dossier et releva un moment son visage de son bureau avant de rester figée, ébahie par la vision en face d’elle.
Tout autour d’elle, des photos, des posters de motos et de leurs conducteurs ornaient les murs. Un poster avait été signé avec les photos souriantes de plusieurs personnes, casques à la main et visage radieux. Quelques coupes avaient été éparpillées dans la pièce, à l’extérieur, le bruit des motards se défoulant sur la piste ressemblait à un joyeux épanchement de moteurs, de cris et de sueur. Quelques hommes passèrent devant le bureau, jetant un œil rapide dedans avant de prendre le chemin des vestiaires. En regardant de plus près, on pouvait voir le bord des posters légèrement jaunis et les coupes entourées de toiles d’araignées, mais sous la puissance des moteurs s’entrainant à l’extérieur, rien ne semblait compter.
Elle examina le jeune homme qu’elle avait en face d’elle, sans prendre conscience de l’air déjà gagnant qu’il arborait.
Le jeune homme était grand, d’un blond cendré. Ses cheveux étaient rasés de près sur les côtés, laissant une épaisseur rebelle sur le devant. Son visage était carré, bien dessiné, son nez droit. Ses sourcils blonds étaient épais et arqués de façon élégantes, un trait coupait cependant le sourcil gauche en deux. Ses yeux étaient enfoncés mais grands et ronds, d’un bleu extrêmement pur, suffisamment pour laisser la jeune femme sans voix pendant quelques instants. Sous ses vêtements, se recourbant en arabesques gracieuses, se devinaient des tatouages qui montaient jusqu’à son cou et lui chatouillaient le bas de sa mâchoire d’une courbe sensuelle et animale. Il arborait une bouche pulpeuse et souriante qu’il entrouvrit, faisant un sourire qui s’étirait de manière irrésistible d’un coin à l’autre de son visage engageant et charmeur.
« Je voulais savoir si je pouvais m’inscrire ici, fit le jeune homme.
La jeune femme entrouvrit la bouche puis la referma, elle se gratta le lobe de l’oreille, percé d’un piercing noir avant de froncer les sourcils, troublée de son trouble.
-Oui, bien sûr, c’est possible.
Mais il lui fallut quelques instants avant de prendre la brochure du club et le jeune homme élargit encore plus son sourire.
-Alors tu as plusieurs formules …
Elle releva le nez de la brochure bariolée pour revenir au jeune homme en face d’elle. Ses yeux bleus plongeaient dans les siens avec délectation.
-Super, fit-il l’air ravi. D’ailleurs puisque j’y pense, je cherche quelqu’un.
La femme fronça les sourcils.
-Euh… je ne sais pas…
Le jeune homme se rapprocha d’elle et sembla lui sourire spécialement pour elle.
-Rien de grave, fit-il, en fait ça se trouve tu le connais.
Elle se recula un peu, cherchant de l’air quelque part.
-Il y a quelques jours il a eu un accident sur la route, j’ai vraiment cru qu’il allait y passer ! Ce genre de choses ça marque… enfin, je suis inquiet et je me demandais s’il faisait partie des membres de ce club. Il n’y en a pas 36 dans le coin… et je pense que ça doit être quelqu’un qui vient régulièrement s’entrainer.
Quelque chose semblait clocher dans son histoire, mais devant le sourire qu’il lui faisait et ses yeux d’un bleu presque dérangeant, elle ne suivait plus tout à fait ce qu’il fallait répondre.
-Il y a des tas de gens ici, se défendit-elle.
Le jeune homme soupira, et s’accouda un peu plus près à son bureau.
-C’est un gars bien proportionné, il a des cheveux bruns, des yeux marrons. Il a l’air de s’y connaitre en motos mais n’a pas l’air d’être spécialement attiré par la causette, et il a un blouson en cuir avec une panthère dessus.
-Vincent ! Fit la jeune fille quand elle reconnut la description du jeune homme, avant de se mordre les lèvres.
Le jeune homme semblait ravi.
-Ah ! il est ici alors ?
La jeune fille vira au rouge, accentuant ses piercings noirs sur les lobes de ses oreilles. Elle soupira et lança un regard mauvais au jeune homme qui l’avait troublé.
Il sortit un chewing gum qu’il se mit à mâcher et lui en tendit un comme s’ils se connaissaient depuis des années et qu’ils avaient une complicité naturelle à partager. Elle prit le chewing gum et baissa les armes.
-Si tu cherches les emmerdes, tu vas les trouver. Ici tout le monde se connait, tu vois ce que je veux dire ?
Le jeune homme posa la main sur le cœur comme s’il venait d’être transpercé d’une flèche.
-Mais attends, je t’ai déjà dit, le mec a eu un accident il y a quelques jours, je veux juste savoir s’il va bien ! D’ailleurs je comptais m’inscrire ici, tu vois, je suis de bonne foi…
Il sortit un stylo plume lourd et métallisé devant elle et signa un chèque sans sourciller.
-Tu peux payer en plusieurs fois… fit-elle en lui listant les papiers.
-Non, t’embêtes pas avec ça fit-il en sortant un à un les papiers colorés. J’adore la moto, je viendrais tous les jours si je pouvais.
Il lui sourit d’un de ces sourires qui l’avait déjà désarmée dès leur rencontre. Elle ouvrit la bouche et prit le chèque.
-Mets-toi là-bas avec ta moto, tu vas rentrer dans le circuit.
Le jeune homme hocha la tête, confiant, plein d’un sourire ravi et enjôleur. Il vissa son casque sur sa tête.

Elle soupira et le laissa rentrer sur le circuit.

samedi 18 juin 2016

amusment park - page 4

La nuit tombait vite. En ce froid mois de novembre, les températures savaient baisser douloureusement et s’élever à peine dans la journée. Cela faisait maintenant deux jours qu’aucun client n’avait pointé le bout de son nez dans la boutique, tout était calme. Vincent avait commencé l’inventaire et fait les comptes le vendredi puis le téléphone avait sonné. La boutique avait fermé dans l’après-midi pour tout le monde, et la jeune fille était allée voir son grand-père à l’hôpital tandis que le jeune homme avait enfilé d’un regard vide son casque de moto et avait fait rugir les moteurs.
Il ne voulait pas rentrer chez lui et avait fait un détour en dehors de la ville, engloutissant les kilomètres sous sa roue, le regard droit devant.
Les paysages avaient défilé, les lignes blanches s’allongeant à l’infini devant lui. En face, un peu plus loin, l’horizon bleuté de la mer comme une halte prochaine s’approchait de lui. Il ralentit quelque peu, bifurquant de la nationale pour aller se perdre dans une petite route et profiter du paysage, seul et tranquille.
Il ôta son casque et respira à pleins poumons l’air marin qui s’immisçait en lui. Il ferma ses yeux et pendant quelques instants tenta de ne penser à rien et de vider de son esprit tout ce qui pouvait s’y trouver. Cela ne devait pas être difficile, mais à peine avait-il fermé les yeux que des images anciennes y apparurent, et il les rouvrit, troublé. Il secoua la tête pour enlever la mèche brune de ses cheveux. Sur son visage fin et d’un doux ovale, ses yeux noisettes, d’un marron pailleté de vert ne semblaient pas absorber la lumière, comme si une noirceur intérieure l’attirait dans un trou dont elle ne sortait pas. Pourtant ses traits étaient fins et longilignes, doux et séduisants, sa posture droite. Il n’était pas un monstre de muscle, mais était dans sa finesse beau à regarder. Son visage était pale, ses longues lèvres fines rosies par le froid. Ses cheveux rebelles, d’un doux brun allant vers le noir, voletaient au vent, et il songea un instant qu’il lui faudrait peut-être raccourcir la mèche de devant, celle qui l’empêchait de bien voir la route lorsqu’il s’y perdait et tentait d’y chasser ses démons.
Il soupira. Il avait encore perdu la notion du temps, cela se produisait fréquemment lorsqu’il devait rentrer. Il fallait que cela change, il lui faudrait un jour prendre les bonnes résolutions. Il remit en place le col de son blouson en cuir, un vêtement sombre duquel se détachait sauvagement une panthère rugissante, son casque sur sa tête et grimpa sur sa moto. Il posa les doigts sur les poignets, déjà sur la route, ne faisant qu’un avec la vitesse quand il sentit son téléphone vibrer. Il s’assit et ouvrit la fermeture éclair de son blouson puis sortit la machine. Il lut.
Rebecca : « quand est-ce que tu viens ? Je t’attends »
Sa main tout d’un coup lui sembla lourde, lourde. Et le temps lui parut froid. Trop froid. Il resta longtemps à regarder le message, comme si tout d’un coup le texte allait se développer, le portable se mettre à parler et lui dire des mots salvateurs. Mais il resta à regarder l’écran sans sens, jusqu’à ce qu’il s’éteigne de lui-même et qu’il ne reste qu’un objet froid et silencieux dans la nuit.
Son regard se fit encore plus lointain. Il n’était plus sur la route, il était ailleurs, loin.
Puis il fit vrombir le moteur et partit dans la nuit.

Sammy suivait de près Jazz, mais parfois, arriver à le suivre relevait du parcours du combattant. Si Jazz se débrouillait avec une voiture, en revanche dès qu’il sautait sur une moto il n’y avait absolument plus de comparaison possible. Jazz devenait ce qu’il voulait, une ombre dans la nuit, une rumeur intangible, une ligne de vitesse suivant son bon vouloir. Il semblait se fondre sur une moto comme s’il avait été construit avec, et si Sammy connaissait de bon motards, il ne pouvait comparer Jazz avec personne, et c’était ça en grande partie qui faisait qu’il était efficace et respecté.
Mais difficile à suivre.
Il slaloma entre les voitures. Il n’y en avait pas beaucoup, ce n’était pas encore l’heure de pointe en ce vendredi après-midi mais il fallait pouvoir dépasser les voitures et ne pas perdre Jazz de vue. Celui-ci semblait prendre un malin plaisir à le faire suer.
Il zigzaga entre deux grosse voitures métallisées qui le regardèrent d’un œil meurtrier avant de se rapprocher de Jazz, heureux d’avoir pu le suivre, songeant avec délectation que sur l’échelon des bons conducteurs, il venait sans doute de passer d’un niveau. Il était maintenant au coude à coude avec Jazz, prêt à lui faire un signe pour lui montrer qu’il était là, mais Jazz ne lui jeta pas un regard.
Caché sous sa visière noire opaque, Jazz ne montrait aucun signe qu’il ait même senti la présence de Sammy à côté de lui. Le jeune homme se sentit insulté, puis sa curiosité prit le dessus, et il regarda droit devant lui. A quelques voitures d’eux, un autre motard faisait vrombir ses moteurs. Jazz le suivait de près, reniflant sans doute quelque chose que Sammy n’arrivait pas à sentir.
Jazz fit virevolter sa moto encore un peu pour se rapprocher du motard. L’homme ne conduisait pas un foudre de vitesse, mais sa conduite avait attiré le regard de Jazz aussi surement qu’un loup suivait les traces de l’animal qu’il chassait. Sammy resta tout près de Jazz, mais ne lui parla pas, attendant de comprendre ce qui se tramait sous ses yeux.
Jazz se rapprocha du motard sans essayer de lui adresser la parole, mais visiblement l’attention du conducteur était de toute façon rivée sur autre chose. Ils roulaient tous les deux à la même allure, se jouant des voitures avec dextérité. Jazz suivait avec plaisir le conducteur, ne le lâchant pas d’une semelle.
Sammy arriva derrière Jazz, essoufflé et inquiet. Le conducteur conduisait bien, certes, mais semblait bizarre. Est-ce qu’il avait toutes ses facultés ? Il sauta tout d’un coup sur son siège quand il s’aperçut que la route partait vers la gauche et que le conducteur continuait d’aller tout droit.
« Jazz ! » Fit-il, mais le conducteur avait accéléré l’allure et fonçait droit vers le mur.
« Jazz ! »
Jazz avait doucement ralenti, comme d’autres voitures à côté. Il avait enlevé sa visière et regardait sans bouger d’un muscle le spectacle qui se déroulait sous ses yeux. Il ne semblait ni inquiet ni calme, mais patient et sûr de lui.
Sammy regarda avec horreur la moto se rapprocher de son arrêt final, puis au dernier moment, le conducteur sauta de sa monture et roula sur lui-même pour éviter l’accident fatal. La moto percuta le mur et quelques morceaux s’en détachèrent.
Les voitures se cognèrent l’une l’autre, bientôt il y aurait un bouchon.
Sammy souffla, sentant une goutte de sueur lui couler le long de son front.
« Merde ! Il sait pas conduire ce mec ! hurla-t-il en enlevant son casque.
Jazz avait toujours les yeux rivés sur le motard qui se relevait doucement. Un homme sortit de sa voiture, un téléphone portable dans sa main et une expression d’intense épouvante sur le visage, il se rapprocha du motard en lui hurlant dessus.
« Au contraire, fit Jazz tout en souriant, c’est un bon. Crois-moi, il serait pas là si c’en était pas un »
Sammy fut saisi par le regard satisfait que Jazz avait. Ce n’était pas quelque chose qu’il voyait tous les jours.
L’homme au téléphone tendit la main vers le motard refusa poliment, et se releva de lui-même. Il tituba sur ses jambes quelques instants avant de tourner le dos à la foule qui s’était amassée autour de lui et d’enlever son casque. Il aspira l’air comme s’il venait de sortir d’une plongée sans fond.
Sammy vit les yeux de Jazz briller de contentement lorsque le motard se tourna à demi vers eux, leur exposant un profil jeune et amène. Son beau visage fin n’était pas même effleuré. Jazz semblait absolument ravi par cette vision.
« Jazz ? »
« C’est lui. » fit-il.
Sammy se retourna vers le conducteur, encore interloqué par l’attitude de Jazz.
Les gens proposaient d’appeler les pompiers, un homme se présenta comme docteur, mais le jeune homme refusa sans pouvoir cacher son agacement.
Il remit son casque et releva la moto qu’il examina sous toutes les coutures puis grimpa dessus devant une foule stupéfiée.
« Hey beau gosse, fit Jazz en haranguant le conducteur, pourquoi t’essaye pas direct le flingue la prochaine fois ? »
Sammy fronça les sourcils.

Le conducteur fixa une lanière déchirée sur son blouson sans se retourner vers Jazz, puis une fois fini, toujours sans lui jeter un œil, il mit ses gants et lui fit un long et explicite doigt d’honneur. Il partit aussi vite qu’il était arrivé, laissant là les conducteurs de voiture, Jazz et Sammy loin derrière lui.

vendredi 3 juin 2016

amusment park - page 3

“C’est incroyable ! J’habite ici depuis deux ans mais nous n’avons jamais rien vu de tel ! J’ai peur pour mon enfant… vous savez il y a de plus en plus de criminalité dans les rues.
(Le journaliste reprend le micro)
Cette affaire indigne le chef de la police, Roger Dumont, qui met un point d’honneur à éclaircir les aspects de ce meurtre. Une enquête a été ouverte afin d’obtenir plus de renseignements, mais nous n’avons pas plus d’éléments sur l’affaire car -»
La jeune fille posa un doigt sur la radio et changea de chaine pour écouter de la musique entrainante. Elle sortit à la devanture de la librairie et se dandina légèrement en écoutant les premières notes. Vincent soupira de façon éloquente, posa une main impatiente sur la radio et baissa le son brusquement. Il soupira et s’éloigna de la caisse pour aller dans l’arrière-boutique.
« Hé ! Tu sais que j’écoutais la radio là ! Fit la jeune femme qui surgit de la devanture de la librairie, c’est nul les infos !
Vincent poussa un nouveau soupir.
-En même temps on est censé ranger les livres non ?
La jeune fille s’appuya contre la porte d’entrée et roula les yeux au ciel.
-Tu veux qu’on dérange qui là ? Tu as remarqué qu’il n’y personne depuis au moins trois cent ans ? »
Vincent prit un des bouquins entassé dans le carton en face de lui et examina la couverture « crimes et châtiments ». Il tiqua un moment avant de vérifier dans quel rayon il allait mettre le livre.
-vas-y, met plus fort si tu veux. Après tout ce n’est pas ma radio.
La jeune fille s’attrapa les cheveux et se les mit en queue de cheval. Elle sortit un élastique de sa poche et le noua autour de sa mèche.
-Je sais même pas quelle radio on pourrait mettre, tu n’as pas l’air d’aimer les miennes. Tu vas encore dire que tes gouts sont trop élastiques.
-Eclectiques, corrigea Vincent.
La jeune fille posa sa lèvre inférieure sur sa supérieure et croisa les bras, alourdissant le jeune homme d’un regard courroucé.
La librairie n’était pas grande, mais était richement fournie de livres divers. La section « livres anciens » remportait un succès modeste auprès d’une clientèle de connaisseurs qui venaient de temps à autre guetter la bonne affaire. Il n’y avait pas énormément de monde, mais l’atmosphère studieuse et chaleureuse qui se dégageait de la petite boutique au fond de la rue savait attirer le chaland. Des gens rentraient quelquefois sans avoir vraiment l’intention d’acheter un livre à lire et repartait avec un bouquin juste parce qu’ils avaient passé un moment calme entre deux rayons. Ils les posait souvent sur le coin d’une table et les oubliait, puis quelques-uns revenaient plus tard pour les vendre et ces mêmes bouquins s’entreposaient devant la librairie dans des cartons « 1 euros » comme des chiens abandonnés de leur maitre. Vincent les regardait des fois avec un semblant de tristesse pour eux avant de revenir à l’intérieur.
La nouvelle section avec des bandes dessinées avait un peu plus de succès. C’était une idée de Vincent, et bien que le propriétaire semblait un peu réfractaire à l’idée de mélanger le dessin et le texte, il ne put s’empêcher de constater l’harmonie qu’il y avait entre ces différents arts, comme si l’un complétait l’autre. Vincent avait été heureux du résultat et appréciait les deux côtés de la boutique avec ses gros bouquins et sa section plus moderne, bariolée des couleurs de couvertures dessinées. Il semblait tenir avec sérieux à bien ordonner les bouquins et accueillir les gens du mieux qu’il le pouvait.
Vincent se retourna vers elle, sans la regarder tout à fait dans les yeux. Elle se voyait transparente dans ses yeux et pinça les lèvres. Un vent froid vint s’immiscer dans la boutique, faisant greloter Vincent et la jeune fille. Il n’était pas sorti de la librairie de la journée et s’était occupé toute la matinée, ordonnant sagement les rayons de la boutique. Elle haussa les épaules et rentra à l’intérieur ou la chaleur la réchauffa agréablement. Elle jeta un œil au radiateur mourant, exhalant ses dernières forces pour réchauffer la boutique vide en songeant que les livres valaient sans doute plus cher que les murs.
« On dirait que c’est ton magasin ici, tu es si sérieux ! Pourtant c’est moi la nièce du proprio !
Vincent revint vers le bouquin et se leva vers une rangée. Il fit glisser ses doigts le long du dos des couvertures et glissa le livre entre deux autres.
-d’ façon j’en ferai un bar de cette boutique un de ces quatre, ou un repère de dangereux gangsters venus de mars. Qu’est-ce t’en pense ?
Le jeune homme caressa la couverture d’un autre bouquin rêveur. Il revint vers son carton et examina la feuille à liste qu’il vérifiait depuis qu’il avait ouvert le colis.
-Dis Vincent, je te parle !
Le jeune homme se releva, et comme un peu avant, regarda distraitement la jeune fille sans vraiment la regarder. Comme s’il n’était pas là, ou elle.
-Je suis d’accord, fit-il en se remettant à son ouvrage.
La jeune fille s’assit crânement sur le siège derrière la caisse et fouilla dans son sac à main qu’elle avait mis derrière les meubles. Elle en sortit un vernis à ongle bleu qu’elle se mit à poser sur ses doigts.
-D’façon tu veux jamais me parler… » râla-t-elle d’une petite voix avant de jeter un œil vers Vincent, mais le jeune homme ne semblait pas l’avoir entendu et elle s’enfonça encore un peu dans sa chaise, la moue boudeuse. Elle examina le bouquin que Vincent avait pris pour lui et n’avait pas fini de lire puis jeta un œil vers le sac à dos du jeune homme. Une lumière se mit à s’allumer par intermittence et elle entendit quelque chose vibrer à l’intérieur.
-Vincent, y-a-ton portable qui sonne.
Mais il ne semblait pas entendre.
-Vincent, y-a-ton portable qui sonne ! »
Mais il ne détourna pas la tête vers elle.


dimanche 29 mai 2016

amusment park - page 2

1.

« Suite à l’annonce de cet assassinat sur une rue fréquentée en journée, les voix se sont élevées pour dénoncer le manque de sécurité au cœur de ce quartier pourtant paisible. Ecoutons le témoignage de cette jeune habitante, traumatisée par ce qu’il s’est passé.
(Le journaliste tend le micro vers une jeune femme accompagné d’un bébé, la femme a les joues rosies par le froid).
“C’est incroyable ! J’habite ici depuis deux ans mais nous n’avons jamais rien vu de tel ! J’ai peur pour mon enfant vous savez il y a-” 
Samy éteignit la radio, impatient et s’enfonça en arrière, se lovant dans la banquette de la voiture. Zehan alluma une cigarette et inhala la fumée en silence, blasé et vide. Il regarda sa montre et soupira bruyamment.
Attendre à côté de l’hôpital était la dernière des choses qu’ils souhaitaient faire, mais Jazz devait absolument voir le quatrième du groupe, qu’il avait trop poussé dans ses retranchements. Le résultat était une attente insupportable près du bâtiment blanc et l’envie pour Samy aussi bien que Zehan de faire tourner le moteur et de s’en aller.
Samy était mat de peau, avec des yeux bleus-verts mis en valeur par son teint halé et ses cheveux bouclés noir. Il était relativement petit et maigre, mais tout en muscles nerveux. Il ne tenait jamais en place et ne se calmait que quand il pouvait maîtriser sa monture, la moto de ses rêves qu’il avait payé cash, laissant le vendeur la bouche grande ouverte. Une victoire sur son tableau de choses à faire. Il posa ses pieds devant avant que Zehan ne lui donne un coup dedans, le faisant relever d’un coup, hargneux.
« T’as un problème Zehan ?! Fit Samy, prêt à se cogner à défaut de devoir attendre.
Le tas de chair se retourna vers lui, des petits yeux noirs enfoncés dans sa peau blafarde. Il semblait bâti en un seul bloc, aussi abrupte à l’extérieur qu’à l’intérieur. Il tonna d’une voix grave.
« Tu veux que je dise à Jazz que tu as sali sa voiture ?
Samy leva les yeux au ciel.
-Chais pas. Tu pense que tu pourras t’en souvenir jusqu’à ce qu’il revienne ? Tu vois, s’il revient dans cinq minutes t’auras peut-être déjà oublié, c’est long pour toi »
Zehan lui attrapa brusquement le col de son pull, l’attirant dans une position inconfortable vers lui, entre les deux sièges.
-J’ai pas bien entendu. Tu répètes ?
Samy lui fit un long sourire.
« Oh Zehan ! Tu prends tout de travers, t’es mon ami Zehan, ya pas de souci ! »
Il relâcha sa poignée et laissa Samy se remettre à sa place, et tous deux tournèrent leur tête vers l’imposant bâtiment, impatients de pouvoir s’en aller.
L’hôpital était immense, il ressemblait à une petite ville. A l’intérieur, telle une fourmilière hyperactive les médecins, les infirmières et tout le personnel soignant s’activaient dans des taches diverses. L’odeur de la maladie, des médicaments, de la naphtaline était présent dans tous les longs couloirs. Les patients étaient contraints d’accepter leur sort et ceux qui venaient les visiter contraints d’accepter le sort des patients.
D’une des chambres de l’hôpital sortit un jeune homme blasé qui remit son blouson en place, cherchant dans sa poche un paquet de cigarettes pour la sortie. Il releva la tête et dirigea son regard vers un homme plus âgé qui s’approchait de lui. L’homme semblait hors de lui et se précipitait vers le jeune homme plus qu’autre chose. Le jeune homme soupira et écarta les jambes pour prendre appui.
L’homme prit son élan et balança un coup de poing dans la mâchoire du jeune homme. Le coup semblait violent, mais le jeune homme ne tenta en rien de l’esquiver, il semblait même s’être préparé à le recevoir. Le coup le fit tomber, mais il se releva en secouant la tête et se tata la mâchoire. Le fait qu’il puisse se relever d’un tel coup était déjà impressionnant en soi. L’homme allait se précipiter sur lui quand des infirmiers sautèrent sur l’homme pour l’empêcher de poursuivre.
« Laissez-moi ! Hurla-t-il, laissez-moi ! C’est à cause de lui que mon fils est ici ! Cet enfoiré devrait être à sa place ! Je vais le tuer ! »
Les infirmiers le ligotaient à plusieurs, tentant péniblement de le maitriser.
De derrière l’homme surgit une femme aux cernes noires, encore hébétée, qui se dirigea vers le jeune homme comme un corps vide. Le jeune homme soupira et se campa sur ses pieds sans rien dire. La femme passa devant lui sans rien dire et resta quelques instants à l’observer sans ouvrir la bouche puis elle leva la main et donna une gifle au garçon, et une deuxième. Le jeune homme encaissa sans rien dire, sans souffler, sans se plaindre.
-Je t’interdis de revenir ici Jazz. Mon fils n’est pas ton ami. On ne met pas ses amis dans un lit d’hôpital.
Elle soupira et tenta de reprendre une voix calme, modulée par une émotion flagrante.
-Ne reviens plus jamais. »
L’homme était en proie à une rage meurtrière et se mit à hurler sur le jeune homme. Des médecins arrivèrent et la question de lui donner une piqure calmante fut même brièvement abordée.
Le jeune homme sembla accuser les paroles de la femme. Il tourna les talons et s’en alla vers la sortie.
L’air était déjà plus frais. Le souffle de la cigarette se perdit dans le ciel. Il se posa contre le mur et laissa son regard errer vers le bleu matinal. C’était un froid mais beau jour de novembre. Il regardait l’immensité au-dessus de lui, le visage calme, presque serein. Les pensées ne se bousculaient plus tout d’un coup et son expression prit une teinte neutre. Il resta ainsi, vide et pensif, se perdant dans l’infini et laissa sa cigarette se consumer sans qu’il ne la touche. Une jeune femme sortit de l’hôpital et se dirigea elle aussi vers le cendrier extérieur. Elle sautilla sur ses jambes et demanda au jeune homme s’il avait du feu. Il baissa de grands yeux d’un bleu intense sur elle, une couleur turquoise surprenante par sa profondeur.
Le jeune homme savait de toute évidence en abuser pour arriver à ses fins mais ne semblait pas vouloir en profiter à ce moment-là. Il sortit un zippo de sa poche et alluma la cigarette de la jeune femme avec élégance, puis il fit un mouvement de poignée et referma l’objet avant de le faire glisser dans sa poche. La jeune femme continua de la regarder quelques instants avant de trouver une place ou s’assoir, sur un banc un peu plus loin. Elle se saisit d’un téléphone et commença à pianoter nerveusement dessus tout en lançant des regards vers le jeune homme.
Jazz referma son blouson jusqu’au col et s’éloigna lentement du bâtiment, le visage fermé et le pas leste. Son expression, tel un masque de théâtre, se fit plus avenante, plus souple au fur et à mesure de ses pas. Prompte à tromper l’ennemi et narguer l’ami.
Zehan et Samy le virent arriver avec soulagement. Samy sortit de la voiture pour aller l’accueillir, n’en pouvant plus de rester enfermé.
« Alors ! Alors ! C’est bon ? Y’en a pour combien de temps à attendre encore ?
Jazz jeta sa cigarette et soupira.
« On ne l’attend plus. On en trouve un autre. »
Zehan sortit la tête de la voiture.
« Quoi ? Mais attends, tu en trouvera où un autre ?
Jazz s’appuya contre la portière et s’avança vers Zehan qui recula sur son siège pour lui laisser un peu de place.
« Des mecs dans son genre on en trouve plein justement.
Il se tourna vers Sammy, qui faisait la moue.
« Tu as confiance en moi Sammy ? Oui ou non ?
Sammy soupira.
« Bien sur »
Jazz se tourna vers Zehan et fit un grand sourire. Sa bouche s’étirait charmeuse, et illuminait son visage de telle manière qu’il était impossible d’y résister.
« Et toi Zehan ? Tu veux toujours être de la partie ?
L’homme soupira.
« J’avais pas l’intention de la quitter ».
Sammy se précipita à l’arrière du véhicule pendant que Jazz prenait la place du conducteur. Il mit le moteur en marche et cala.
« T’as vraiment un problème avec les voitures ! Fit Zehan en levant les yeux au ciel.
-Ouais, c’est vrai » fit-il en illuminant son visage de ce sourire désarmant. Il reprit la machine et la fit rouler devant eux.


dimanche 22 mai 2016

Amusment park - page 1

C’est un matin de novembre, un dimanche.
Il fait froid, et six heures vient à peine de sonner. Le peu de gens qui déambule dans les rues, telles des âmes mortes, soufflent dans leurs mains pour essayer de se procurer un peu de chaleur. Les rues sont encore éclairées, puisque la nuit tarde à s’en aller.
La longue voiture grise métallisée s’arrête à un feu rouge et le conducteur, pressé de revenir voir sa femme légitime s’allume une cigarette, réfléchissant au mensonge qu’il pourrait lui raconter pour justifier sa nuit en dehors du domicile conjugal. Dans la nuit de novembre, la petite lumière rouge de sa cigarette semble comme un point parfait sur une cible mouvante.
Il est de mauvaise humeur, fatigué et songe déjà à la journée qui l’attend. Il respire une bouffée de sa cigarette, faisant se consumer un peu plus la chose. Un motard surgit de derrière la ruelle et fait un faux mouvement, collant de trop près la moto contre sa voiture. Il entend un bruit de cisaillement lorsqu’il comprend que sa précieuse voiture vient très certainement d’être rayée.
Il éteint sa cigarette rapidement, furieux, et baisse la vitre pour invectiver le motard maladroit. Le motard détourne la tête, mais en direction du feu et ne lui prête pas attention. Son sang se met à bouillir. Il sort de la voiture et se dit qu’il est temps de corriger le motard. De toute façon là ou il est personne ne pourra lui dire quoi que ce soit.
Il claque la porte méchamment derrière lui et s’avance vers le motard silencieux. L’homme est entièrement habillé de noir, son casque baissé est d’un noir de jais, impossible d’apercevoir le moindre visage derrière la barrière opaque de sa visière. Il hésite quelques instants, sentant que quelque chose d’étrange se passe. Il tourne la tête, et pour la première fois réalise qu’il n’y a qu’eux dans la rue. Les seules personnes qu’ils a vues sont depuis longtemps parties, la rue est suffisamment large pour laisser passer une voiture et une moto, d’autant plus qu’ils sont seuls. Il n’y a donc pas de raison que le motard le colle sans une idée derrière la tête.
Le motard tourne la tête vers lui et l’observe. Il ne voit pas ses yeux à travers le noir de sa visière, mais il peut sentir un regard lourd, dangereux, meurtrier.
« Tu te souviens de Volochine ?
L’homme recule. Il se souvient de ce nom et de tout ce qui y est associé. Il pense fugitivement que rien n’a marché comme il l’a prévu depuis cette histoire mais ses pensées se dispersent presque instantanément. 
Le motard sort une arme de sa ceinture et pointe le canon sur le milieu du front de l’homme.
« Il te passe le bonjour ».
Puis il appuie sur la détente.
L’arme fait du bruit malgré le silencieux. L’homme est projeté contre sa voiture, tué sur le coup. Il glisse contre sa portière fermée, laissant une trace sanguinolente sur celle-ci, une expression encore ennuyé sur le visage, comme s’il s’en voulait une dernière fois de ne pas avoir été suffisamment prudent.
Il n’y a pas de caméras dans les alentours, personne comme témoin, mais de toute façon qu’auraient-ils pu dire ? Le motard est aussi leste et efficace que la mort en personne. L’inconnu observe le corps du mort, psalmodiant des paroles dans une langue étrange avant de bomber le torse, reprenant sa respiration, puis il détourne le visage de la scène.
Il vérifie les moteurs, appuie sur les commandes et se fond dans la nuit.

vendredi 6 mai 2016

des nouvelles

Hello tout le monde!

D'abord je vous donne deux nouvelles:

J'ai décidé de publier l'histoire que je vous raconte depuis des lustres.

Donc voici le lien pour mon "oeuvre":

http://www.amazon.fr/dp/B01E06ND1W

Ça c'était la première nouvelle.

Après avoir décidé d’arrêter l'écriture, la venue d'un mail plus que sympa m'a fait reprendre le clavier.
Donc la deuxième nouvelle est que comme indiqué un peu plus haut je planche sur une autre histoire. 

J'ai besoin d'un peu de temps pour la pondre parce que je ne connais absolument RIEN aux motos, que le moindre moteur me fout une trouille bleue et que bien sur, bien sur, l'histoire se passe parmi des motards!

Pour celles (ou ceux) qui ont lu mon premier bouquin, vous savez que je n'aime pas les histoires toutes mielleuses et que j'aime faire un peu souffrir mes protagonistes... mon côté sadique je suppose...
bref cette histoire promet d'être peut-être un tantinet plus sombre j'imagine, j'attend de voir ce qui va sortir de mes pérégrinations inspiratoires...


Le prochain post sera donc la première page de ma nouvelle histoire! 

A plus!